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Les 12 obstacles à la communication selon Thomas Gordon

Portrait de Thomas Gordon

Dans une situation tendue, notre premier réflexe est souvent de proposer une solution, de questionner ou de juger. Thomas Gordon montre pourtant que certaines réponses, même bien intentionnées, peuvent fermer l’échange au lieu de l’aider.

Quand la réponse empêche le vrai problème d’émerger

L’exemple utilisé dans l’article d’origine est celui d’un élève qui n’arrive pas à terminer son travail. Derrière son blocage peut se cacher une difficulté qu’il ne sait pas encore exprimer. Une réponse trop rapide ou trop directive risque alors d’interrompre la communication avant que le problème réel soit compris.

L’objectif n’est donc pas de supprimer toute intervention, mais d’identifier les automatismes qui réduisent l’écoute et poussent l’autre à se défendre, se justifier ou se taire.

Source citée par l’article d’origine : Enseignants efficaces, Thomas Gordon.

Les 12 obstacles identifiés par Gordon

1. Commander

Donner immédiatement un ordre peut faire passer la solution avant la compréhension de la difficulté.

2. Menacer

Associer la réponse à une sanction ou à une conséquence négative crée une pression supplémentaire.

3. Moraliser

Faire la leçon ou rappeler ce que la personne « devrait » faire peut provoquer culpabilité et fermeture.

4. Conseiller

Proposer trop vite ce que l’on ferait à sa place peut empêcher l’autre d’exprimer son propre besoin.

5. Rationaliser

Répondre uniquement par la logique peut minimiser ce que la personne ressent ou vit réellement.

6. Critiquer

Juger les capacités, le comportement ou l’organisation déplace la discussion vers la défense de soi.

7. Ridiculiser

Se moquer, étiqueter ou rabaisser fragilise la confiance et rend l’échange plus difficile.

8. Interpréter

Prêter des intentions à l’autre sans les vérifier peut créer un décalage entre ce qu’il vit et ce qu’on lui attribue.

9. Complimenter pour rassurer

Un encouragement automatique peut parfois contourner le problème au lieu de permettre à la personne de l’expliquer.

10. Consoler

Dire que « ça va passer » peut minimiser la difficulté si l’émotion n’a pas d’abord été reconnue.

11. Questionner excessivement

Enchaîner les questions peut transformer l’échange en interrogatoire et faire perdre à l’autre le fil de ce qu’il voulait dire.

12. Esquiver

Changer de sujet ou détourner la conversation évite le problème au lieu de lui donner un espace d’expression.

Deux familles particulièrement fréquentes

Gordon regroupe notamment plusieurs de ces comportements parmi les messages de solution : ordonner, avertir, moraliser ou conseiller. Ils indiquent directement à l’autre ce qu’il devrait faire. D’autres réponses sont dévalorisantes, par exemple argumenter pour invalider le ressenti, juger, critiquer ou faire honte.

Dans les deux cas, le risque est le même : passer trop vite à la réponse et laisser trop peu de place à l’écoute. Une communication plus efficace commence souvent par reformuler, vérifier ce que l’on a compris et permettre à la personne de développer son point de vue.

Un outil utile en management comme en formation

Ces douze obstacles ne concernent pas uniquement la relation enseignant-élève. On les retrouve dans les échanges avec un collaborateur, un client ou un collègue. Les repérer permet de prendre du recul sur sa manière de communiquer et d’éviter que la volonté de résoudre rapidement un problème ne crée davantage de tension.

Lien présent dans l’article original